19.11.2015 La stratégie de l’OMS en faveur de l’activité physique est sur les rails

OMS/Europe. Au mois de septembre, l’OMS/Europe a adopté la «Stratégie sur l’activité physique pour la Région européenne de l’OMS», première stratégie de l’OMS en faveur de l’activité physique. L’objectif est de réduire de 10% l’inactivité physique au sein de la population européenne d’ici 2025. La Suisse a apporté une contribution importante à l’élaboration de cette stratégie. Elle est en outre déjà active depuis des années dans les cinq domaines prioritaires définis par l’OMS. Quels sont les objectifs de l’OMS et qu’a déjà fait la Suisse en la matière? Comparaison.

Photos La stratégie de l’OMS en faveur de l’activité physique est sur les rails

TODO CHRISTIAN

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L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a joué un rôle actif lors de la Conférence de Vienne sur l’alimentation et les maladies non transmissibles dans le cadre de Santé 2020 de même qu’en organisant une rencontre d’experts pour le développement de la stratégie de l’OMS sur l’activité physique. La rencontre d’experts s’est tenue début 2015 à Zurich avec le soutien financier et sous la présidence technique de l’OFSP. Ce fut l’occasion pour 80 experts issus de 47 pays de discuter du projet de stratégie sur l’activité physique et d’y apporter des améliorations.   

La Suisse est déjà active

La stratégie de l’OMS en faveur de l’activité physique formule cinq domaines prioritaires et des mesures concrètes pour encourager l’activité physique. Ces mesures serviront de base à l’élaboration de stratégies nationales sur l’activité physique. La Suisse a déjà mis en œuvre de nombreuses mesures requises par l’OMS dans les cinq domaines prioritaires. Exemples:  

Domaine prioritaire n° 1: assurer le leadership et la coordination  

Selon l’OMS/Europe,

– les gouvernements européens doivent accorder la première priorité à la promotion de l’activité physique et un rôle fondamental au secteur de la santé;

– la collaboration intersectorielle est indispensable à la promotion de l’activité physique; 

– sont importantes non seulement les informations sur un environnement favorable à l’activité physique, mais aussi les réglementations, les incitations financières et une meilleure coordination entre les différentes politiques sectorielles;

– les rôles et les responsabilités des différents acteurs doivent être clairement définis et la collaboration avec les ONG et le secteur privé doit être recherchée; 

– les Etats membres doivent développer des coopérations internationales avec des réseaux et des organisations internationales.

En Suisse,

– assurer la coordination nationale est l’objectif prioritaire 1 du Programme national Alimentation et activité physique (PNAAP). La direction stratégique est composée de représentantes et de représentants de l’OFSP, de l’Office fédéral du sport (OFSPO), de la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS), de la fondation Promotion Santé Suisse ainsi que de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV);

– l’OFSP et les Offices fédéraux des routes (OFROU), du développement territorial (ARE), de l’environnement (OFEV), du sport (OFSPO), des transports (OFT), de l’énergie (OFEN), de la statistique (OFS), de l’agriculture (OFAG), du logement (OFL) et le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) entretiennent une collaboration intersectorielle (sous la nouvelle dénomination de politique globale de la santé) afin de promouvoir la mobilité douce et un environnement favorable à l’activité physique. La collaboration est assurée soit par des groupes de travail interdépartementaux (p. ex.  Coordination fédérale Mobilité douce) ou par la promotion de projets d’activité physique et de mobilité douce (p. ex. Centre de services pour une mobilité innovatrice et durable). L’OFSP souhaite intensifier encore cette collaboration intersectorielle;

– il existe une bonne collaboration avec les ONG (p. ex. Alliance ONG);

– le secteur privé participe, grâce à l’initiative actionsanté de l’OFSP et de l’OSAV, à un environnement favorable à l’activité physique au travers de mesures volontaires;

– il existe, avec HEPA Suisse, un regroupement d’organisations qui s’engagent aux niveaux national, cantonal et local en faveur de la promotion de la santé par l’activité physique et le sport;

– l’OFSP a apporté son soutien financier et conceptuel à diverses conférences internationales en Suisse;

– l’OFSP a collaboré, avec d’autres offices fédéraux, à l’élaboration du Transport, Health and Environment Pan-European Programme (THE PEP) et participe toujours à l’échange d’expériences et au financement de projets intéressants.   

Domaine prioritaire n° 2: promouvoir l’activité physique chez les enfants et les adolescents  

L’OMS/Europe demande

– davantage de soutien en matière de promotion de l’activité physique chez les (futurs) parents et dans les garderies et les structures d’accueil; 

– un nombre approprié de cours d’éducation physique dans les établissements préscolaires et scolaires;

– la transmission de connaissances relatives au mouvement et à la mobilité durant les cours d’éducation physique; 

– la collaboration des secteurs de l’éducation, de la santé et des sports dans la conception des programmes d’éducation physique afin de transmettre à tous les enfants, quel que soit leur niveau d’entraînement, la joie de faire de l’exercice;

– la sensibilisation de tous les enseignants à la promotion de l’activité physique et de la santé;

– une législation qui soutient la promotion de l’activité physique dans les établissements préscolaires et scolaires; 

– des subventions, des mesures réglementaires ou fiscales qui profitent aux enfants issus de milieux socialement défavorisés et aux enfants handicapés;

– une plus forte intégration des jeunes dans la promotion de l’activité physique (p. ex. les organisations de jeunesse).  

En Suisse

– Promotion Santé Suisse soutient, dans le cadre des programmes d’action cantonaux (PAC) et d’un fonds de promotion de projets dédiés, des projets de promotion de l’activité physique à l’intention des femmes enceintes et des mères de jeunes enfants (www.buggyfit.ch), dans les garderies, les jardins d’enfants, les écoles et pendant les loisirs (www.radix.ch et www.muuvit.ch);

– il existe des projets spécifiques pour les adolescents, tels Gorilla pour le sport Freestyle (www.gorilla.ch) et Défi Vélo, qui permet aux participants de découvrir les différentes facettes de la pratique du vélo (www.defi-velo.ch);

– au minimum trois cours hebdomadaires d’éducation physique sont obligatoires à l’école durant la scolarité obligatoire;

– l’éducation physique régulière est obligatoire dans les écoles professionnelles pour les apprentis des formations professionnelles de deux à quatre ans; 

– l’OFSPO propose chaque année, dans le cadre de Jeunesse+Sport, plus de 55’000 cours et camps dans plus de 70 disciplines sportives, regroupant environ 700’000 enfants et jeunes de 5 à 20 ans. Actuellement, le Sport scolaire J+S est mis en place, conçu comme une passerelle entre les cours d’éducation physique obligatoires et le sport associatif facultatif (www.jeunesseetsport.ch);

– le programme national l’école bouge encourage le mouvement dans les écoles (www.ecolebouge.ch).  

Domaine prioritaire n° 3: promouvoir l’activité physique chez les adultes  

Un environnement favorable à l’activité physique

Pour encourager l’activité physique des adultes, l’OMS/Europe propose

– d’encourager la mobilité douce par le biais d’infrastructures accessibles pour la marche et le vélo ainsi que de mesures législatives (fiscalité pour le trafic individuel motorisé,  TIM, péages en zone urbaine, hausse des frais de stationnement);

– de créer des offres et des incitations à l’activité physique pour des groupes vulnérables qui soient financièrement accessibles, à bas seuil et culturellement acceptées (espaces non-construits favorables à l’activité physique)  

En Suisse

– des redevances sont prélevées sur certaines places de stationnement;

– la loi fédérale sur les chemins pour piétons et les chemins de randonnée pédestre (RS 704) prévoit la planification, la construction et l’entretien, ainsi que la signalisation de réseaux attrayants de chemins pour piétons et de chemins de randonnée pédestre, sûrs et reliés entre eux;  

– l’Office fédéral des routes (OFROU) a pour mandat d’ancrer la mobilité douce comme troisième pilier du transport de personnes aux côtés du TIM et des transports publics; 

– sept offices fédéraux ont élaboré, ensemble, le guide «Aménagement des espaces non-construits dans les agglomérations»;

– des projets pilotes sont soutenus dans le cadre des Projets-modèles pour un développement territorial durable notamment pour plus d’espaces non-construits dans les agglomérations (www.modellvorhaben.ch);

– l’OFSP soutient depuis des années le développement de l’Outil d’évaluation économique des effets sanitaires liés à la pratique du vélo et à la marche (www.heatwalkingcycling.org), qui permet de quantifier le profit économique pour la santé des infrastructures de mobilité douce;

– l’OFSPO s’engage, avec ses partenaires, dans la formation de personnes qui organisent des offres dans le sport des adultes (www.sportdesadultes.ch).  

Promotion de l’activité physique sur le lieu de travail  

Pour promouvoir l’activité physique sur le lieu de travail, l’OMS/Europe requiert

– l’encouragement de la mobilité douce et des transports publics pour aller au travail (accessibilité, prix abordable et sécurité);

– une infrastructure adéquate comme des bureaux à hauteur réglable, des douches ou des parcs à vélos, etc., et des offres d’activité physique comme des rabais sur des abonnements de fitness ou des offres sportives internes

– y compris pour les groupes vulnérables comme les personnes âgées.  

En Suisse

– l’OFSP, la Suva et Promotion Santé Suisse ont mis en place une collaboration tripartite dans le domaine de la promotion de la santé sur le lieu de travail. Les compétences et les ressources sont réunies pour créer des offres communes et soutenir la santé des employés. Il est prévu de travailler dans une approche innovante et globale qui tient compte des quatre champs d’action prioritaires que sont l’activité physique, l’ergonomie, la nutrition et  la santé psychique.   

Recommandations sur l’activité physique et la thérapie

Selon l’OMS/Europe

– les Etats membres doivent adopter les recommandations sur l’activité physique sur la base des Recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé de l’OMS;

– des professionnels de la santé doivent également jouer un rôle actif dans la promotion de l’activité physique au travers d’informations, de conseils et de recommandations médicales (en particulier pour les personnes âgées); 

– les caisses-maladie ou le système de santé national doivent rembourser les frais de cours de sport et d’activité physique à bas seuil;

– les programme pédagogiques de tous les professionnels de santé doivent être améliorés eu égard aux bienfaits de l’activité physique pour la santé.  

En Suisse

– des recommandations d’activité physique remaniées en 2013 sont mises en œuvre (www.hepa.ch);

– le rôle des médecins de famille en lien avec la promotion de l’activité physique des patients doit être renforcé et revalorisé (voir le projet pilote tessinois Girasole)

– Soins de santé intégrés: (www.bag.admin.ch/themen/ernaehrung_bewegung)

– la nouvelle ordonnance sur les prestations de l’assurance maladie obligatoire permet le suivi global des enfants obèses et en surpoids, tant pour les offres de groupes que pour le traitement individuel.  

Domaine prioritaire n° 4: promouvoir l’activité physique chez les personnes âgées  

Pour l’OMS/Europe

– des structures sociales existantes tels que des centres communautaires, des ONG, etc., doivent permettre d’atteindre les personnes âgées, et tout particulièrement celles issues de milieux socialement défavorisés afin de les encourager à pratiquer une activité physique; 

– il faut créer des opportunités, comme le tourisme actif abordable, pour faire la connaissance d’autres personnes âgées et avoir une activité physique accrue. Les secteurs de la santé, du sport et du tourisme sont appelés à collaborer davantage;

– la contribution active des seniors aux activités communautaires et bénévoles doit être mieux reconnue.  

En Suisse

– Promotion Santé Suisse s’engage depuis 2011, au travers du projet Via, qui vise à promouvoir la santé des personnes âgées, à renforcer l’autonomie des personnes âgées et à améliorer leur qualité de vie. Promotion Santé Suisse s’intéresse aux facteurs influençant la santé des seniors et met à leur disposition ses connaissances sous forme de recommandations et d’aides à la mise en œuvre; 

– Promotion Santé Suisse conseille les cantons partenaires dans la mise en œuvre de projets et de programmes; – il existe des partenariats solides aussi avec le bureau suisse de prévention des accidents (bpa), avec Pro Senectute ainsi que d’autres organisations (www.promotionsante.ch/via).  

Domaine prioritaire n° 5: monitorage, évaluation et recherche  

Monitorage et évaluation

L’OMS/Europe souhaiterait

– que les Etats membres adaptent et développent les systèmes nationaux et internationaux de surveillance existants dans le domaine de l’activité physique. Le Cadre mondial de suivi de l’OMS pour la prévention et la lutte contre les maladies non transmissibles contient des indicateurs spécifiques relatifs à l’activité physique et un objectif à cet égard que les Etats membres se sont engagés à atteindre; 

– aider les Etats membres à analyser correctement les données et à formuler des recommandations politiques fondées sur des bases factuelles. Des outils de surveillance communs peuvent assurer la comparabilité entre les pays.   

En Suisse

– l’OFSP exploite, avec de nombreux autres partenaires, le Système de monitorage alimentation et activité physique (www.moseb.ch), qui recueille depuis des années déjà les indicateurs sur le comportement en matière d’activité physique prescrits dans le Cadre mondial de suivi de l’OMS;

– l’OFSP se concentrera davantage à l’avenir, en plus de la saisie de la prévalence de l’inactivité chez les enfants/les adolescents et les adultes, sur d’autres indicateurs de l’activité physique. L’activité physique est intégrée dans un indicateur d’estimation générale des risques pour les maladies non transmissibles (MNT).   

Recherche

L’OMS/Europe souhaiterait

– des travaux de recherche future sur les thèmes suivants: intégration des groupes de population défavorisés dans la promotion de l’activité physique tout au long de la vie, approches innovantes pour promouvoir l’activité physique chez les jeunes, rôle de la sédentarité en tant que facteur de risque indépendant, ainsi que la relation existante entre l’activité physique et d’autres facteurs de risque tels qu’une alimentation déséquilibrée ou encore le tabagisme.  

En Suisse

- L’ancien Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Zurich a publié, en mai 2014, une étude empirique qui révèle le lien entre les quatre facteurs de risque que sont l’alimentation, l’activité physique, la consommation d’alcool et de tabac et le risque de mortalité. Avec une enquête Omnibus de 2011 et l'Enquête suisse sur la santé 2012 de l'OFS, il existe deux sources de données représentatives et actuelles consacrées à la position assise (www.sgb12.bfs.admin.ch). Une étude mandatée par l’OFSP a analysé ces données sur la base des caractéristiques du statut social, de l’état de santé et du comportement en matière de santé des personnes interrogées (www.bag.admin.ch/se-lever).  

Bien que de nombreuses mesures aient déjà été mise en place en Suisse pour encourager les personnes à bouger davantage, l’OFSP étudiera, avec ses partenaires, comment approfondir ce domaines au sein de la nouvelle stratégie MNT. La stratégie sur l’activité physique de l’OMS/Europe est dans ce contexte une contribution précieuse. Elle souligne à ce titre l’importance de la promotion de l’activité physique dans la lutte contre les maladies non transmissibles sur le plan national et international. 

Facteur de risque: trop peu d’activité physique

Selon des estimations, 35% des adultes en Europe sont trop peu actifs. Dans l’UE, ce sont 6 adultes sur 10. L’inactivité physique est devenue l’un des principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles (MNT). Elle est à l’origine de 1 million de décès (10% de la mortalité totale). Le manque d’activité physique est la cause de 5% de la charge des cardiopathies coronariennes, de 7% des diabètes de type 2, de 9% des cancers du sein et de 10% des cancers du colon. Mais les taux croissants de surpoids influencent eux aussi l’apparition des MNT. Dans 46 pays (soit 85% de la population) de la Région européenne de l’OMS, plus de 50% des adultes sont en surpoids ou obèses. Ici aussi le manque d’activité physique joue un rôle important. En Suisse, près de 41% des adultes et presque 19% des enfants et des adolescents âgés de 6 à 12 ans sont en surpoids ou obèses. Les coûts du surpoids et de l’obésité sont estimés à 8 milliards de CHF par an, ceux de l’inactivité à 2,5 milliards de CHF.   

Contact

Gisèle Jungo, section Alimentation et activité physique, gisele.jungo@bag.admin.ch

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