23.10.2018 La communicationest un outil important pour renforcer les compétences en matière de santé

L’OFSP s’est fixé pour objectif d’améliorer les compétences de la population en matière de santé et l’autogestion des personnes atteintes de maladies chroniques. La communication peut contribuer de diverses manières à atteindre ce but.

Photos La communicationest un outil important pour renforcer les compétences en matière de santé

TODO CHRISTIAN

Photos La communicationest un outil important pour renforcer les compétences en matière de santé

TODO CHRISTIAN
Photos

En Suisse, nombreuses sont les personnes qui ont des difficultés à trouver, comprendre et mettre en application des informations sur la santé. Telest ce que montre une étude sur les compétences de la population suisse en matière de santé menée en 2015. Le niveau de compétence de certains individus est problématique, voire franchement insuffisant. Le problème concerne en particulier les personnes touchées par la pauvreté et la population migrante. Une bonne communication est importante pour améliorer les compétences en matière de santé.

Cela impliquenotamment
• désensibiliser la population en vue de prévenir les maladies ou addictions;
• de mettre à disposition des informations sur la santé facilement accessibles et compréhensibles
• de favoriser la communication entre professionnels de santé et patients.

L’OFSP s’est fixé pour objectif d’améliorer les compétences de la population en matière de santé. Ces travaux sont fondés sur la stratégie « Santé 2020 » du Conseil fédéral et la stratégie MNT2017– 2024. Pour atteindre son but, l’OFSP mise sur différentes mesures de communication comme des campagnes désensibilisation de la population (VIH, don d’organes, etc.). Et plutôt que de transmettre unilatéralement des informations, l’OFS Paxe toujours plus cette démarche sur le dialogue, notamment via les réseaux sociaux ou des applications, qui permettent feed-back et échanges.

migesplus, le portail pour l’égalité des chances en matière de santé de la Croix- Rouge suisse soutenu par l’OFSP, constitue une autre offre. Cette plate-forme en ligne permet de diffuser en différentes langues des informations facilement compréhensibles sur la santé. Elle contient des brochures, des dépliants et des vidéos de 80 organisations de santé qui s’adressent spécifiquement aux personnes de faible niveau de compétence en matière de santé. Le « Guide de santé pour la Suisse », qui explique simplement notre système de santé et est disponible gratuitement en 18 langues, est particulièrement apprécié.

La campagne actuelle pour les dons d’organes est aussi une mesure de l’OFSP qui montre toute l’importance que peut avoir la communication : il faut se prononcer suffisamment tôt pour ou contre le don d’organes, car, dans une situation d’urgence, on n’a souvent ni le temps, ni la possibilité de réfléchir à la question. Lorsqu’une telle décision doit être pris en urgence, l’expérience montre que les proches ont tendance à refuser le don d’organes, car ils ne savent pas avec certitude ce que le/la patient(e) désire réellement (voir l’article sur le don d’organes). La campagne pour les dons d’organes vise donc à amener le plus grand nombre possible de personnes à évoquer leurs souhaits avec des proches. Un autre aspect essentiel est la communication entre professionnels de santé et patients (voir l’entretien avec Sabina Hunziker, l’étude sur les compétences en matière de santé et le rapport sur l’interprétariat communautaire). Les professionnels de santé doivent savoir s’exprimer de manière claire et compréhensible et créer une atmosphère de confiance lors des entretiens. 

Que sont les compétences en matière de santé ?

Mais qu’entend-on au juste par «compétences en matière de santé » ? Les compétences en matière de santé, ou  Health Literacy en anglais, englobent les connaissances de l’individu, mais aussi sa motivation et son aptitude à trouver, comprendre, évaluer et appliquer des informations relatives à la santé. Un individu est compétent en matière de santé lorsqu’il est capable de prendre au quotidien des décisions qui ont un impact positif sur sa santé. Cela implique aussi la remise en question critique d’informations : dois-je obtenir un deuxième avis auprès d’un médecin ? Ai-je besoin de cette vaccination ? Les compétences en matière de santé englobent la lutte contre les maladies, mais aussi la prévention et la promotion de la santé. Chez les  patients, en  particulier,  les compétences en matière de santé sont un facteur essentiel pour le succès des traitements et l’amélioration de la sécurité des patients. Des études montrent que les personnes disposant d’un niveau élevé de compétence en matière de santé se rendent moins à l’hôpital, du fait, notamment, de la prise correcte des médicaments. Les personnes compétentes en matière de santé savent mieux gérer leur maladie et les changements dans leurs conditions de vie. Les compétences en matière de santé constituent une base importante pour la collaboration entre professionnels et patients, et conditionnent une participation active et autonome au système de santé. Cette façon d’aborder la maladie et les soins de santé est un aspect partiel des compétences en matière de santé, que l’onappelle « autogestion » (voir encadré).  

La communication : un facteur clé

Il subsiste un certain potentiel d’amélioration des compétences en matière de santé en Suisse. La communication jouera un rôle clé dans cette amélioration. Un plus grand nombre d’offres de sensibilisation spécifiquement adressées aux personnes avec un faible niveau de compétence en matière de santé est donc nécessaire. Les possibilités sont diverses : élaboration de textes etd’infographiques faciles à comprendre, ou vidéos explicatives sur des maladies spécifiques. Les professionnels peuvent quant à eux utiliser des techniques comme la méthode « Show me » pour s’assurer que le patient ou la patiente a bien compris ce qui a été dit. Les ligues de santé peuvent aussi jouer un rôle important en préparant et en utilisant des documents d’information simples à comprendre.

Toutefois, des évolutions seraient également souhaitables au niveau du système de santé lui-même. Actuellement, ce système est relativement complexe et délègue à l’individu de nombreuses responsabilités. Cette complexité peut s’avérer excessive pour les personnes disposant d’un faible niveau de compétences en matière de santé. Des mesures de communication ciblées à divers niveaux, de même qu’une simplification et une clarification des structures pourraient aider les citoyens à mieux s’y retrouver dans le système de santé et à  prendre de meilleures décisions concernant leur santé.

Promotion de l’autogestion

L’autogestion désigne l’approche mise en œuvre par les personnes atteintes de maladies chroniques ou souffrant d’addictions pour gérer leur pathologie, ses symptômes, son traitement, ainsi que ses conséquences physiques, psychiques et sociales, et les changements induits dans leurs conditions de vie.

L’OFSP encourage l’autogestion à plusieurs niveaux, en soutenant financièrement diverses initiatives dans le cadre de la promotion de projets « Prévention dans le domaine dessoins» (en collaboration avec Promotion Santé Suisse). De plus, l’OFSP a élaboré un « cadre de référence pour l’autogestion », un rapport de fond destiné à favoriser une compréhension commune du concept chez les différents acteurs.

La communication est également un facteur clé dans le domaine de l’autogestion : l’OFSP a inauguré cette année une plateforme regroupant les parties prenantes, où les organisations intéressées peuvent échanger régulièrement. L’objectif est d’identifier les besoins des parties prenantes, de développer des approches innovantes et d’aborder des problématiques spécifiques.

Enfin, l’information et la sensibilisation des professionnels sont essentielles : il importe de promouvoir une meilleure compréhension de la notion de promotion de l’autogestion dans les maladies chroniques et les addictions, et de sensibiliser aux bénéfices de ces offres pour les personnes concernées, les acteurs des soins de santé et la société dans son ensemble.

 

Contact : Nadine Stoffel-Kurt, section Alimentation et activité physique, 

Links

Contact

Karin Gasser, section Égalité des chances en matière de santé, 

Nach oben