06.09.2016 Trop d’alcool, c’est combien?

Campagne de prévention des problèmes liés à l’alcool. Chacun le sait: l’abus d’alcool est nocif. Mais quand exactement l’insouciance se mue-t-elle en imprudence, l’euphorie en ivresse et les tentatives de rapprochement en harcèlement? Bref: trop, c’est combien? La campagne actuelle de l’Office fédéral de la santé publique et de ses partenaires veut inciter la population suisse à trouver sa propre réponse. La seconde vague de la campagne se déroule en septembre 2016.

Photos Trop d’alcool, c’est combien?

TODO CHRISTIAN

Sabine, 41 ans, est invitée chez une amie pour un repas entre copains. Elle se réjouit à l’idée de passer une soirée détendue, émaillée d’histoires du temps passé. Tous les invités apportent une bouteille de vin, comme cela a toujours été l’usage dans le groupe. La soirée se déroule à merveille, l’ambiance est bonne et le niveau sonore augmente progressivement. Sabine est assise à côté de Paul. Ils ont une discussion animée sur la finale du Mondial de foot qui, aux yeux de Sabine, a été gagnée par la mauvaise équipe. Elle défend ardemment «son» équipe, accuse l’arbitre d’être un incapable, et Paul aussi, par la même occasion, qui est légèrement agacé par la passion et la véhémence de son amie. Sabine entreprend de reproduire le pénalty décisif avec les verres de vin, la corbeille à pain et la boule de glace qui nage encore dans une coupe à dessert, pour démontrer qu’elle a raison. Elle se lève avec des gestes théâtraux, et surprise par l’effet du vin, heurte la reproduction de Monet suspendue au mur derrière elle. Sabine a juste le temps de la retenir et éclate d’un rire bien trop sonore. Toutes les têtes se tournent vers elle. Parfait! Chacun pourra donc voir comment le pénalty s’est déroulé. Elle envoie la boule de glace entre les verres de vin sensés représenter la cage du gardien de but, droit sur la chemise blanche de Paul. «Gooooal!» hurle-t-elle. Paul ne trouve pas cela drôle. Il cherche une serviette – et une autre interlocutrice avec laquelle il pourra s’entretenir raisonnablement.  

Le niveau d’alcool stimule l’estime de soi

L’alcool peut avoir un effet désinhibant: à partir d’une alcoolémie de 0,5 ‰, l’humeur est euphorique. Cela signifie qu’un taux d’alcoolémie plus élevé entraîne, jusqu’à un certain point, une augmentation de l’estime de soi. La personne qui boit se sent plus sûre, plus forte et plus gaie. Ses décisions sont moins raisonnables, deviennent plus audacieuses, plus insolites, du type de celles qu’elle n’envisagerait pas si elle était sobre. L’alcool détend et désinhibe; mais en buvant encore plus, certains deviennent volubiles, libérés et «collants», d’autres agressifs, excessifs et violents. Une attitude dont les tiers souffrent également.  

Séduisant pour les jeunes et les timides

L’effet euphorisant de l’alcool est très séduisant pour les jeunes. Lorsqu’ils boivent, les jeunes se sentent non seulement plus sûrs, mais aussi plus acceptés et plus liés à leur groupe, ce qui est très important à cet âge. Pour faire durer ce sentiment, ils continuent à boire. C’est également ce que ressentent les personnes très timides ou qui souffrent d’anxiété sociale. Sous l’influence de l’alcool, elles parviennent beaucoup plus facilement à interagir avec leur entourage. Mais le risque de développer une dépendance à l’alcool augmente si ce sentiment d’assurance et d’estime de soi est lié à la seule consommation d’alcool.   

La griserie précède la chute

Les effets de l’alcool ressentis comme positifs s’estompent rapidement. Plus la quantité consommée est importante, plus elle entraînera des émotions négatives et un comportement inadéquat. L’effet dépend aussi de la disposition du moment: l’alcool peut améliorer l’humeur d’une personne triste ou en colère ou, au contraire, accentuer cette tristesse ou cette colère. Enfin, la consommation d’alcool peut avoir de graves conséquences, comme des accidents, des blessures et des relations sexuelles non protégées. Le jour suivant, les souvenirs sont imprécis, voire totalement absents. Et il peut être alors déjà trop tard pour stopper des séquences embarrassantes filmées par téléphone portable.  

Deuxième vague de la campagne de prévention des problèmes liés à l’alcool

La vague actuelle de la campagne de prévention des problèmes liés à l’alcool «Combien?» veut sensibiliser le grand public aux dangers inhérents à la consommation d’alcool et informer sur ses risques. Le site www.alcohol-facts.ch reste le vecteur médiatique central pour informer sur la campagne et pour fournir des renseignements brefs et concis sur l’alcool et sur les offres de conseil et d’aide. On y trouve également un Quiz au graphisme amusant, qui sert de portail d’entrée vers des informations approfondies sur des thèmes tels que les risques pour la santé, la prise de poids ou les effets de l’alcool sur le corps et le cerveau. La campagne sera visible durant la première moitié de septembre et se présente avec un nouveau film.  

Un court métrage sur la tentation de l’alcool

Le nouveau court métrage de la campagne thématise la tentation de se sentir enfin libéré et vraiment cool grâce à l’alcool. Ce sont en effet les raisons qui motivent une consommation d’alcool toujours plus importante chez de nombreuses personnes, chez les jeunes en particulier. Dans ces moments, les risques pour la santé et les risques d’accident sont relégués à l’arrière-plan. Le court métrage veut inciter à réfléchir sur son propre comportement. Quels sont les effets de l’alcool sur moi? Est-ce que je me rends compte que mon comportement dérape, devient embarrassant ou risqué, pour moi et pour autrui? Trop, c’est combien pour moi? Le court métrage se trouve sur le site de la campagne www.alcohol-facts.ch et peut facilement être envoyé à d’autres personnes.  

La prochaine semaine alcool se déroulera du 11 au 21 mai 2017 dans toute la Suisse.

Recommandation pour une consommation d’alcool à faible risque

– Hommes: 2 à 3 verres standard * par jour; au moins 2 jours sans alcool par semaine

– Femmes: 1 à 2 verres standard * par jour; au moins 2 jours sans alcool par semaine

– Enfants de moins de 16 ans, femmes enceintes et celles qui allaitent: abstinence totale

* 1 verre standard correspond par ex. à 3 dl de bière ou à 1 dl de vin  

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Contact

Claudia Brunner, section Campagnes,

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