07.05.2019 Recherches sur le thème « Vieillir en bonne santé »

L’étude Do-Health vise à déterminer comment on peut améliorer ses chances de vieillir en bonne santé. Cette étude, qui est la plus vaste jamais menée en Europe sur la santé des personnes âgées, est sur le point de s’achever. Les premiers résultats montrent que la moitié des sénior qui ont participé à l’enquête en Suisse sont des healthy agers : ils ne présentent aucune maladie chronique et sont en bonne santé, physiquement et mentalement.

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TODO CHRISTIAN

Do-Health est la plus vaste étude de gérontologie jamais menée en Europe sur le thème « Vieillir en bonne santé ». Lancée en 2012, elle vise à prolonger l’espérance de vie en bonne santé après 70 ans. Au total, 2157 sénior de Zurich, Bâle, Genève, Toulouse, Berlin, Innsbruck et Coimbra ont participé à cette étude.
Do-Health est axée sur trois stratégies pour prolonger la phase de vie active en bonne santé : la prise régulière de vitamine D (2000 UI/jour) et d’acides gras oméga-3 (1 g/jour) et un programme simple d’entraînement à domicile. Concrètement, l’étude a pour objectif de déterminer si ces trois mesures réduisent le risque de fracture osseuse et le taux d’infections et améliorent la fonction musculaire et la mémoire. Des études antérieures ont mis en évidence que les trois interventions ont un effet protecteur sur le fonctionnement de différents organes.

L’étude Do-Health a pour particularité de recenser en détail l’état de santé général des participants pendant trois ans. L’étude étant désormais terminée, les premières données ont été analysées : globalement, les examens initiaux montrent que 42 % des sénior de l’étude Do-Health sont des healthy agers. Ils ne présentent aucune maladie chronique et sont en bonne santé, physiquement et mentalement. Rapporté aux 1006 participant en Suisse, ce taux atteint même 51 %.

« Prouver l’efficacité de ces trois mesures, qui sont bien tolérées et accessibles, aurait une importance énorme en termes de santé publique », souligne Madame Bischoff-Ferrari, responsable de l’étude Do-Health et professeure à l’université de Zurich. Elle espère que cette étude montrera comment on peut rester plus longtemps actif et en bonne santé après 70 ans. La publication de l’étude étant prévue pour l’été, Madame Bischoff-Ferrari ne peut pas encore aborder les résultats en détail. Mais elle l’assure : « Ce sera captivant. »

L’analyse des données permettra aussi d’établir dans quelle mesure les trois interventions thérapeutiques évaluées ont un impact sur le recours aux prestations de santé (nombre d’hospitalisations, de visites chez le médecin ou d’heures de physiothérapie, p. ex.). Enfin, les résultats de l’étude mettront en lumière les différences au niveau de la santé des personnes âgées en Europe.

La majorité de la population suisse vieillit sans douleurs
Une enquête comparative internationale et multidisciplinaire, appelée SHARE (« Survey on Health, Ageing and Retirement »), s’intéresse également à ces divergences. Cette étude longitudinale, qui rassemble plus de 120 000 personnes de 27 pays européens et d’Israël, consiste à interroger les mêmes foyers depuis plus de dix ans. Les données d’environ 4600 individus sont disponibles pour la Suisse. Elles documentent l’évolution de la situation économique, sanitaire et sociale de personnes de 50 ans et plus dans le cadre d’une comparaison européenne.

Les données de l’étude SHARE montrent que la majorité de la population suisse vieillit sans douleurs. Toutefois, les maladies non transmissibles chroniques prennent de l’importance avec l’âge. Les hommes sont plus touchés par des maladies cardiovasculaires que les femmes, qui présentent plutôt de l’arthrose et des rhumatismes. En Suisse, près d’un cinquième des plus de 55 ans souffre de deux maladies ou plus en même temps. Cette multimorbidité augmente avec l’âge et ne touche pas moins d’une personne âgée de 83 à 89 ans sur trois. Selon l’étude, les hommes vivent certes moins longtemps que les femmes, mais restent plus longtemps en meilleure santé.

Plus de 80 % de la population âgée sont au moins modérément actifs – et exercent une activité physique d’intensité élevée ou moyenne plusieurs fois par semaine. Plus de 90 % des femmes et près de 80 % des hommes mangent des fruits et des légumes quotidiennement. La consommation de fruits et de légumes augmente même légèrement avec l’âge. Même si elles ont en majorité une alimentation équilibrée et une activité physique suffisante, plus de la moitié des personnes de 55 ans et plus sont en surpoids.

Par ailleurs, la consommation d’alcool varie nettement selon le sexe : deux fois plus d’hommes que de femmes (41 % contre 19 %) ont bu au moins un verre d’alcool par jour au cours de la semaine qui a précédé l’enquête. Une consommation d’alcool globalement supérieure chez l’homme est constatée non seulement en Suisse, mais aussi dans toute l’Europe. Les informations obtenues grâce aux études sont essentielles, notamment pour prévoir des mesures visant à prévenir une consommation d’alcool dangereuse pour la santé.

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Marc Marthaler
section Bases scientifiques

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